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Performance historique, énorme sensation ou grosse défaillance : Eiking à la croisée des chemins

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Lorsqu’il s’est paré du maillot rouge au terme d’une longue échappée, mardi dernier à Rincon de la Victoria, absolument personne n’aurait osé une seule seconde se demander si Odd Christian Eiking avait la moindre chance de le conserver jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle. Voir un coureur d’une formation invité prendre le maillot, cela est déjà arrivé sur la Vuelta, plutôt deux fois qu’une. Le voir conserver sa tunique toute la seconde semaine, beaucoup moins. Même lui n’y pensait pas du tout. “J’essaye de ne jamais penser au fait que je risque de perdre le Maillot Rouge, mais je dois admettre que je ne pensais pas l’emmener aussi loin, avouait-il pour L’Equipe. Je prends un jour après l’autre et on en est déjà à la 15e étape, ça fait déjà six jours que je le porte“.

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Personne ne s’imagine le voir gagner le Tour d’Espagne, évidemment, mais l’idée n’est plus aussi absurde qu’elle l’était il y a cinq jours lorsqu’il s’est emparé du maillot rouge. Et c’est, déjà, une immense surprise en soi, tant le Norvégien fait figure d’OVNI au milieu des cadors. A 26 ans, Odd Christian Eiking est loin d’être un coureur qui sort de nulle part. Le Norvégien a de belles références mais elles se situent bien loin des Grands Tours auxquels il ne participe sur cette Vuelta que pour la 4e fois.

Odd Christian Eiking (Intermarché – Wanty-Gobert), sur la Vuelta 2021

Crédit: Getty Images

Mais le coureur d’Intermarché Wanty-Gobert-Matériaux est un solide puncheur, comme en témoigne sa récente 7e place sur la Clasica San Sebastian, et un bon coureur d’une semaine, spécialiste évidemment des courses norvégiennes (trois top 10 sur l’Artic Norvège + une étape, 4e du Tour de Norvège 2016) mais également capable de briguer des top 15 sur des épreuves World Tour (15e du Tour de Catalogne 2019, 13e du Tour de Pologne 2017). Des performances très solides pour un coureur passé pro à la FDJ avant de rejoindre son équipe actuelle mais loin d’en faire un candidat au classement général sur un Grand Tour. Et pourtant.

1’36’’ d’avance sur Roglic, beaucoup et très peu à la fois

A Valdenepas de Jaen, sur un terrain qu’il affectionne, il concède certes 11’’ (hors bonifications) à Roglic mais cela s’est déroulé au lendemain de sa longue échappée vers Rincon de la Victoria. Il n’a jamais été mis en difficulté le lendemain vers Cordoba et a géré à la perfection la 15e étape ce dimanche, bien aidé par son équipe. “C’était une journée vraiment difficile, vraiment longue, mais je dois dire que mon équipe a fait une très belle course, a-t-il expliqué sur le site de la course. Sans eux, je n’aurais peut-être pas conservé le maillot rouge”. Il peut aussi remercier la neutralisation entre les cadors qui aura marqué cette seconde semaine mais elle ne doit pas occulter l’incroyable niveau affiché par le Eiking lorsqu’il a fallu suivre les favoris, à l’image de l’ascension du Pico Villuercas.

Le maillot rouge Odd Christian Eiking (Intermarché – Wanty-Gobert) lors de l’ascension du Pico Villuercas, lors de la 14e étape du Tour d’Espagne 2021

Crédit: Getty Images

C’est le seul jour sans doute où le maillot rouge a réellement été mis en danger par ses adversaires. D’abord par son dauphin au général, Guillaume Martin. Le Français de la Cofidis a tenté de faire exploser le Norvégien à 5km du sommet samedi en accélérant avec un équipier mais le Norvégien s’est accroché une première fois. Lorsque Miguel Angel Lopez (Movistar) est à son tour passé à l’attaque, obligeant la Jumbo-Visma à rouler très fort pour permettre à Roglic de revenir, on a vu Eiking rester au contact, parfois au sprint. Mais il a tenu bon. Oui, ce jour-là, il finit dernier des “cadors” mais il ne perd que 20’’. Suffisant pour en garder 1’36’’ sur Roglic à l’aube de la dernière semaine. C’est beaucoup mais surtout très peu à la fois.

Si je peux continuer à surprendre…

Garder le Maillot Rouge jusqu’au bout ? Je ne sais pas si c’est un objectif réalisable, tempérait Eiking pour L’Equipe. Je vais continuer à me battre et à m’accrocher tous les jours et on verra ce qui va se passer. Mais la 17e étape (arrivée aux lacs de Covadonga) et 18e étape (arrivée à l’Alto d’El Gamoniteiru) me semblent vraiment trop difficiles pour moi“. Au-delà de la haute montagne, où il semble par moment capable de résister aux meilleurs, ou du moins perdre un minimum de temps, c’est bien le chrono final de 33,8km à Saint-Jacques de Compostelle qui devrait lui coûter cher.

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Car s’il y a bien un domaine que le coureur d’Intermarché Wanty-Gobert-Matériaux en maitrise pas, c’est bien le contre-la montre, à l’image de ses 58’’ concédées sur Roglic sur les 7km de Burgos en début de Vuelta. Malgré tout, vu la forme qu’il affiche depuis une semaine, Odd Christian Eiking parait en mesure d’accrocher le top 7 de ce Tour d’Espagne, un résultat qui en ferait ainsi le meilleur Norvégien de l’histoire sur un Grand Tour. En cas de top 10, il ne serait que le 4e Norvégien à y parvenir après Tobias Foss (9e, Giro 2021), Hagen (8e, Vuelta 2019) et Dag Erik Pedersen (10e du Giro 1984). Mais pour accrocher un invraisemblable podium, il lui faudra résister aux meilleurs grimpeurs de l’épreuve.

Quand je vois Roglic, Mas et tous les autres dans le top 10, ce sont des très gros noms, des spécialistes de grands tours“, explique-t-il. Tous sont habitués aux joutes d’une troisième semaine que le Norvégien va seulement découvrir. Et ces ultimes jours sont généralement le cimetière des illusions des surprises et des puncheurs qui se surpassent, à l’image d’Alaphilippe sur le Tour 2019. Mais lui aussi a envie d’y croire. “Après tout, on ne sait jamais… poursuit-il. C’est déjà la meilleure course de ma carrière, c’est sûr. Et si je peux continuer à surprendre… Ça ne peut être que bénéfique pour moi“. Mais jusqu’où continuera-t-il de nous surprendre ? Réponse dans les Asturies. Pour commencer.

Odd Christian Eiking (Wanty) lors de la 15e étape de la Vuelta 2021

Crédit: Getty Images

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